Domaines de spécialisation

J’aime à dire qu’aucune époque ne me rebute: chaque section de la tapisserie humaine présente un intérêt et il suffit de le trouver. Cela étant dit, certaines périodes ont attiré mon attention plus que d’autres, par préférence ou par opportunité. Par exemple, mon ascendance germano-lorraine m’a conduit à m’intéresser à la question des deux conflits mondiaux. Après tout, j’ai un arrière-grand-père de chaque côté de la première et un grand-oncle de chaque côté de la seconde.

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Crédit photo: AstroLAB du Mont-Mégantic

Mon bagage scientifique et mon parcours historien se conjuguent dans mon domaine préféré: l’histoire des sciences. J’ai toujours été fasciné par la connaissance humaine à travers les âges. Cela comprend plusieurs volets:

-l’histoire pratique des sciences, que l’on peut résumer par la suite interrogative qui, quoi, quand, comment, pourquoi?

-l’histoire des scientifiques: qu’est-ce qu’être scientifique?

-l’histoire de l’attitude de la société face à la science: comment est-elle perçue et traitée?

-l’histoire des impacts socio-culturels, économiques ou politiques de la science sur la société;

-l’histoire de la relation philosophique au savoir et de l’épistémologie;

-et les différentes intersections des approches précédentes.

Ce sont ces questions qui me passionnent le plus, et c’est pourquoi j’ai choisi le parcours académique que j’ai réalisé jusqu’à présent. Durant ce parcours, j’ai eu des opportunités d’appliquer le domaine de l’histoire des sciences sur les périodes concernées par mes cours, dont en particulier l’Histoire du Moyen-Âge. Mon professeur, Marc Carrier, avait comme ligne directrice de défaire les préjugés hérités des Lumières sur la période médiévale. Inspiré par cela, je me suis attaqué à la question du savoir scientifique médiéval, qui fut une révélation sur l’interconnexion du monde scientifique ancien, de la Grèce à l’Europe en passant par le monde musulman.

La_Science_durant_le_Moyen-Age_par_Philippe_Robert-Staehler

Un point méthodologique important travaillé ici est la capacité de construire une argumentation suivie, où chaque argument s’échafaude sur le précédent et prépare le terrain du suivant, créant ainsi une suite logique solide. Je suis particulièrement satisfait quand mon hypothèse de travail est étayée par des piliers qui se supportent mutuellement, et non seulement des éléments de preuve séparés.

Parlant de monde musulman, un autre domaine d’intérêt élevé est la géopolitique actuelle et son enracinement dans l’Histoire. Comprendre le monde actuel nécessite une base historique, car l’histoire est un éternel recommencement que nous sommes condamnés à répéter, etc., etc.

J’ai suivi avec une fascination immense le «Printemps Arabe» et j’ai longuement étudié par pure compulsion personnelle les origines historiques de la situation actuelle. Cette forme d’histoire est exaltante, car elle est constamment transformée par les évènements et représente un territoire historiographique à peine défriché, plein de potentiel.

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Crédit image: Evan Hill, pour Al-Jazeera

J’ai eu l’honneur de suivre l’enseignement de Jean-Herman Guay, sommité de la science politique à l’UdeS, au moment des révoltes arabes, et de là provient cette analyse de la révolution égyptienne à la lumière des idées de Karl Marx et de John Locke, ou comment faire la connexion entre fait présent et théorie passée.

Egypte_2011_Marx_Locke_par_Philippe_Robert-Staehler

Comme les ouvrages en profondeur n’avaient pas encore été écrits, cette étude a permis de mettre l’accent sur l’usage de sources récentes, d’articles des médias et d’éditoriaux spontanés, le tout avec une perspective critique. De plus, l’application à l’révolution égyptienne de 2011 de deux auteurs aussi dissemblables que Marx et Locke est une excellente manière de développer l’esprit comparatif et analytique.

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