Approche générale de l’histoire

Un peu (?) d’histoire

J’ai eu la chance d’être encouragé jeune à la lecture par mes parents, ce qui leur a coûté bien des livres et de l’espace* et m’a donné une culture générale plus qu’adéquate. J’ai dévoré suffisamment de livres d’histoire de tous genres pour me permettre de rarement être complètement dans le brouillard dans un domaine historique. Un de mes atouts précieux est de pouvoir ainsi toujours commencer l’étude approfondie avec une base préalable, une petite longuet d’avance qui peut valoir son pesant d’or ultérieurement.

À travers mes cours, j’ai rencontré des lieux aussi variés que le Canada, la Russie, l’Égypte antique, l’Afrique occidentale ou l’Europe moderne ainsi que des thèmes comme la mondialisation, le nationalisme, l’histoires des idées politiques ou la décolonisation. J’ai touché à un éventail de types de productions historiennes, comme la dissertation, le commentaire ou le compte-rendu.

Ah, mais cette phrase ne signifie rien sans exemples!

Étant Québécois, je me suis intéressé évidemment à l’histoire du fait français en Amérique. La dimension personnelle provient de l’identité de mon premier ancêtre au Nouveau Monde, Louis Robert dit Lafontaine, soldat du Régiment de Carignan-Salières, cordonnier et pionnier de Boucherville. Cette histoire est connue dans la famille grâce aux travaux de mon lointain cousin le frère Eugène Robert, dont le livre minutieusement référencé a beaucoup fait pour m’intéresser à l’histoire en général et aux archives en particulier.

Rgt_Carignan-Sallières_1665-1671

Crédit image: Erwin Lindemann

Mon professeur de méthodologie, Benoît Grenier de l’UdeS, est un spécialiste de la Nouvelle-France; j’ai ainsi eu le prétexte idéal pour joindre la curiosité familiale à l’apprentissage de la méthode historienne. Il s’agit d’une analyse démographique et sociale de l’implantation des soldats de Carignan-Salières. J’y ai appris à travailler avec les statistiques historiques et à porter une analyse nouvelle sur des travaux existants.** J’ai beaucoup apprécié de travailler avec des chiffres de nouveau, activant mon hémisphère scientifique!

Carignan-Salieres_(Origines_et_Colonisation)_par_Philippe_Robert-Staehler

mikasatsushima

-L’Amiral Togo à Tsushima, par Shotaro Tojo-

Lorsque mon intérêt pour l’histoire du Japon a été conjugué à mon contact académique avec l’histoire de la Russie, le sujet était tout trouvé: la guerre de 1904-1905 entre ces deux pays, dans la perspective de la dégénérescence de l’empire tsariste, dont les prémices sont déjà présentes dans ce conflit impérial qui sonne le glas du lien de confiance entre le tsar et le peuple. Il y a une grande part d’analyse socio-politique dans cet ouvrage, sans compter la dimension culturelle du «contrat social» russe ancien, tel autant qu’il puisse être conçu. Aussi, citer Tolstoï a une certaine classe, non?

Guerre_Russo-Japonaise_par_Philippe_Robert-Staehler

J’ai eu la chance d’avoir un professeur remarquablement imprégné de son sujet, Tristan Landry, un polyglotte captivant (son atelier de la langue russe m’intéresse, maintenant, le rusé) avec une expérience directe de la vie en Russie.

Il n’y a pas que des dissertations dans la vie, il y a aussi des comptes-rendus! La capacité de synthétiser un discours et d’en extraire les éléments centraux est l’un des plus grandes outils dans la panoplie intellectuelle. Pour illustrer cette nécessité, voici le compte-rendu commenté d’une conférence de Christine Métayer sur les Femmes dans la Modernité historique, un sujet avec lequel j’étais peu familier. Ce fut un exercice sportif et salutaire, très utile pour travailler le muscle de la concision.

Commentaire_Conference_de_Christine_Metayer_par_Philippe_Robert-Staehler

La brièveté du commentaire est d’autant plus ardue à réaliser lorsque l’analyse constitue la base de la démarche visée. Il peut semble follement téméraire de vouloir couvrir les thèmes et les éléments d’une oeuvre aussi riche que 15 février 1839 de Pierre Falardeau. Qu’importe, il faut jouer d’audace parfois et sortir de ses ornières académiques pour exercer des compétences jusqu’alors peu usitées.

15fevrier1839_par_Philippe_Robert-Staehler

* (Note pour soi-même: il me faut un meuble bibliothèque supplémentaire)

** «Sur les épaules de géants…», disait Newton avec raison.

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